La prospection commerciale par courrier électronique, SMS-MMS et automate d’appel
10 juin 2026
Cas général : la personne doit donner son consentement préalable
La publicité par voie électronique (courrier électronique, SMS-MMS, automate d’appel, etc.) est possible à condition que les personnes aient donné leur consentement avant d’être démarchées.
Le consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. Il requiert, pour être valable, une action positive et spécifique de la personne concernée (exemple : une case à cocher dédiée et qui ne soit pas pré-cochée). L'acceptation de conditions générales d'utilisation ne peut pas suffire. L’accord doit être libre et être retiré, à tout moment, par la personne concernée.
Exemple d’information sur un site web :
J’accepte que mes informations soient utilisées pour de la prospection commerciale par [courrier électronique / SMS-MMS ou automate d’appel]
Les deux exceptions au consentement préalable
- Si la personne prospectée est déjà cliente de l’entreprise et si la prospection concerne les produits ou services similaires fournis par la même entreprise.
Comme la CNIL l’a rappelé dans une décision de , cette exception ne peut pas être mobilisée lorsqu’aucune vente ou prestation de service n’a été effectuée, y compris lorsque le client a créé un compte en ligne (par exemple sur un site de commerce en ligne). En effet, la simple création d’un compte ne signifie pas qu’il y aura une commande éventuelle de produits ou de services auprès de la société.
- Si la prospection n'est pas de nature commerciale (exemple : caritative).
Dans ces deux cas, la prospection pourrait être fondée sur l’intérêt légitime de l’organisme. La personne doit, au moment de la collecte de son adresse électronique ou de son numéro de téléphone :- être informée que son adresse électronique ou son numéro de téléphone (par SMS-MMS ou automate d’appel) sera utilisé à des fins de prospection « non commerciale » ;
- être en mesure de s’opposer à cette utilisation de manière simple et gratuite lorsque les données sont collectées, et à tout moment notamment lors de chaque envoi.
Quels sont les droits des personnes et les recours possibles ?
Dans le cadre de la prospection par courriel, SMS ou MMS, les organismes doivent informer les personnes de l’utilisation de leurs données et doivent, dans certains cas, recueillir leur consentement avant toute collecte ou prospection commerciale.
Ils doivent également permettre aux personnes d’accéder à leurs données et de les rectifier si nécessaires. Ils doivent répondre aux demandes d’exercice des droits sous un mois maximum sauf exceptions.
Si un organisme ne respecte pas ces règles, ou si sa réponse à la demande d’exercice des droits dépasse le délai ou n’est pas satisfaisante, il est possible d’adresser une plainte à la CNIL.
Dans tous les cas
La CNIL recommande que le consentement préalable (pour le B to C) ou le droit d'opposition (pour le B to B) soit recueilli par le biais d’une case à cocher. L’utilisation d'une case pré-cochée est interdite en matière de recueil du consentement. Il est recommandé d’utiliser une case décochée par défaut pour permettre aux personnes de s’opposer.
Par ailleurs, chaque sollicitation doit obligatoirement permettre à la personne concernée de prendre connaissance de l’identité de l’organisation qui l’émet ainsi que d’exprimer, si elle le souhaite et par un moyen simple, son refus de recevoir de nouvelles sollicitations.
Signalez vos SMS indésirables au 33700
Les pouvoirs publics, la Fédération française des télécoms et l'Association française pour le développement des services et usages multimédias multi-opérateurs ont créé en 2008 une plateforme gratuite de signalement contre les SMS frauduleux.
Il vous suffit de les signaler au 33700 en transmettant au numéro le SMS de prospection reçu, via un formulaire en ligne ou une capture d'écran.
Sommaire : les règles en matière de prospection commerciale
Les textes de référence
- Articles L32 du code des postes et des communications électroniques (définitions et principes concernant la prospection) - Légifrance
- Articles L34-5 du code des postes et des communications électroniques (protection de la vie privée des utilisateurs de réseaux et services de communication électronique) - Légifrance
- Article 4.11 du règlement général sur la protection des données (définition du consentement) - Légifrance
- Article 6 du RGPD ( bases légales)
- Article 7 du RGPD (conditions applicables au consentement)
- Article 21 du RGPD (droit d'opposition)