Données post mortem : publication du cahier air2025 sur l’éthique des traces numériques
31 mars 2026
Dans le cadre de sa mission éthique, la CNIL publie son cahier air2025 à la suite du colloque du 15 octobre 2025 sur le thème des données post mortem, organisé en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France.
Que deviennent nos données après nous ?
Nos traces numériques ne s’éteignent pas avec nous. Sans action de notre part, de nos héritiers ou de nos ayants droit, elles perdurent, parfois sans fin, prolongeant ainsi une forme d’existence au-delà de la mort. Dans ce monde qui tend à tout conserver, qui décide de ce que l’on doit oublier ? Si le droit à l’effacement ou à l’oubli prend toute sa signification pour les vivants, qu’en est-il de ceux qui ne peuvent plus exprimer leur volonté ?
À l’échelon individuel, en France, chacun a le droit de donner des directives, générales ou particulières sur le devenir de ses données. Les héritiers et ayants droit peuvent également agir, pour l'organisation et au règlement de la succession du défunt.
La mort numérique donne également lieu à un ensemble de nouvelles pratiques dans le processus de deuil : médiatiser le décès de proche, mettre en place des espaces de commémoration… De nouvelles solutions offrent à leurs utilisateurs une immortalité numérique rendue possible par le développement et la démocratisation des systèmes d’.
Les descendants et les proches sont ainsi confrontés à un large éventail de choix, donnant lieu parfois à des conflits. Plus largement, ces usages soulèvent des questions éthiques et de société quant à notre relation aux « restes numériques ».
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des Français déclare avoir déjà été confronté à des contenus émanant de comptes de personnes décédés
(Enquête Harris Interactive-CNIL, octobre 2025)
À l’échelon collectif, la démocratisation du numérique a eu pour corollaire une expansion sans précédent du dépôt de traces par toutes personnes amenées à publier, partager et même « aimer » en ligne. Depuis les pages personnelles des années 1990, aux blogs, puis aux réseaux sociaux, ces contenus générés par les utilisateurs ont alimenté le web, tout autant que des traces moins visibles, sous la forme de métadonnées. C’est tout une « histoire du temps présent » qui s’est constituée, en partie à base de données personnelles, auxquelles conservateurs et historiens doivent se confronter. La sauvegarde des cultures numériques pose ses propres questions éthiques.
Le cahier air2025
Afin de partager les travaux et débats conduits lors de l’évènement du 15 octobre 2025, la CNIL et la BnF publient le cahier air2025 « Intimité des disparus, mémoire des vivants : quelle éthique pour les traces numériques ? ».
Le cahier reprend les grands axes de l’évènement :
- De la mort à l’immortalité numérique : quelles pratiques ? quels enjeux éthiques ?
- Post mortem, projet de fiction-prospective
- Des données personnelles à la mémoire collective : quels enjeux éthiques pour la conservation du patrimoine numérique ?
Ce cahier s’adresse à tous, qu’il s’agisse du grand public, de professionnels, de chercheurs ou encore de pouvoirs publics.
Cet évènement a été l’occasion de publier le Cahier Innovation et Prospective n°10 de la CNIL, Nos données après nous, consacré aux données post mortem.
> Voir la rediffusion de l’évènement air2025