Protéger les données personnelles, accompagner l'innovation, préserver les libertés individuelles

Contenu

L'usurpation d'identité en questions

17 mars 2011

Avec le développement d’Internet, on assiste à une augmentation du nombre de cas d’usurpation d'identité en ligne. Comment se prémunir ? Que faire si on est victime ?

Qu'entend-on par "usurpation d'identité" en ligne

L’usurpation d’identité consiste à utiliser, sans votre accord, des informations permettant de vous identifier. Il peut s'agir, par exemple, de vos nom et prénom, de votre adresse électronique, ou encore de photographies…. Ces informations peuvent ensuite être utilisées à votre insu, notamment pour souscrire sous votre identité un crédit, un abonnement, pour commettre des actes répréhensibles ou nuire à votre réputation.

Quelles sont les techniques les plus utilisées par les usurpateurs d'identité en ligne?

Sur Internet, on distingue deux types d’usurpation d’identité. Dans le premier cas, "l’usurpateur" souhaite nuire à la réputation de la personne dont il a volé les données personnelles. Il crée un faux profil, un blog, ou rédige des commentaires sous l'identité de sa victime.

Dans l'autre cas, l’usurpateur envoie à sa victime un message en se faisant passer pour un organisme public ou privé connu, et récupère à partir d'un faux site des informations personnelles. Ces informations sont ensuite utilisées pour accéder à des comptes sécurisés et effectuer des opérations sous l'identité de la victime. Ces informations, obtenues de manière frauduleuse, peuvent également être utilisées par les "usurpateurs" pour pirater des boîtes mail ou des comptes Facebook de particuliers et les utiliser comme support pour propager leurs arnaques.

Comment se prémunir contre l’usurpation d'identité en ligne?

D'une manière générale, soyez vigilant lorsque vous saisissez des données sur internet ou lorsque vous recevez des messages vous demandant de fournir ou de mettre à jour des données vous concernant. Ne répondez pas aux messages qui vous paraissent suspects et détruisez les immédiatement. Ne cliquez jamais sur les liens contenus dans les messages dont vous n'êtes pas certain de la provenance.

Quelles précautions prendre avec mes identifiants de comptes en ligne ?

Faites attention aux mots de passe ! Choisissez des mots de passe complexes mélangeant chiffres, lettres, caractères spéciaux. Pas votre date de naissance ou votre surnom ! Ayez le goût du secret, ne partagez vos mots de passe avec personne et ne les notez pas sur votre téléphone portable sur un post-it ! Si vous partagez votre ordinateur avec d'autres personnes, n'enregistrez jamais les mots de passe dans votre navigateur. Il est aussi conseillé d'effacer ses cookies et son historique de connexion régulièrement.

Enfin, vérifiez scrupuleusement vos relevés bancaires pour repérer tout prélèvement anormal.

Que faire si on est victime d’usurpation d’identité en ligne ?

La première chose à faire dans le cas où des informations vous concernant ont été détournées ou publiées sans votre accord, c'est de vous adresser directement au responsable du site afin de demander à les consulter, ou exiger leur suppression. Vous trouverez sur le site de la CNIL des modèles de courrier pour formuler votre demande. Si vous n'obtenez pas de réponse, vous pouvez alors adresser une plainte en ligne à la CNIL. C'est gratuit.

Concrètement, que peut faire la CNIL contre ce vol d’identité?
La CNIL aide les victimes d'usurpation à faire valoir leurs droits en particulier auprès des responsables des sites ou des fournisseurs de messagerie électronique piratée. Elle intervient notamment à l’appui de leur demande de suppression des fausses informations mises en ligne ou pour reprendre l’accès à leur messagerie électronique.

Ces pratiques peuvent-elles être sanctionnées ?

Les victimes qui souhaitent connaître l’identité de « l’usurpateur » et éventuellement le voir sanctionner doivent déposer une plainte pénale soit auprès du commissariat de police ou de la brigade de gendarmerie de leur domicile, soit auprès du procureur de la République.

Jusqu’à récemment, l’usurpation d’identité n’était pas considérée, à elle seule, comme un délit pénal. Seules les conséquences de l'usurpation d'identité pouvaient faire l'objet d'une sanction comme, par exemple, l’escroquerie, ou encore la diffamation.

La Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure (LOPSSI 2 ) votée en février 2011 , introduit dans son article 226-4-1 un nouveau délit sanctionnant d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende: " Le fait d’usurper l’identité d’un tiers ou de faire usage d’une ou plusieurs données de toute nature permettant de l’identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération".

Chargement en cours...