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Chaque jour plus de 300 millions de photos sont partagées sur les réseaux sociaux. Au moment où les appareils photos deviennent connectés, où les applications photos sur mobile facilitent le partage, les photos et les vidéos constituent le cœur d'activité du Web social. Quels sont les comportements, les perceptions, les stratégies des internautes en termes de partage et d'identification des photos sur Internet ? Quelle maîtrise ont-ils des outils qui permettent d'en contrôler la visibilité et la sécurité ? La CNIL a demandé à TNS Sofres de mener une étude auprès des internautes afin de comprendre quelle place occupent aujourd'hui les photos dans la vie numérique. Cette étude révèle une ambivalence des comportements et des perceptions, ainsi que des pratiques très différentes selon les âges. Enfin, elle souligne une demande sociale forte pour la simplification des paramètres de confidentialité.
ZOOM SUR LE TAG ET LA RECONNAISSANCE FACIALE
68% déclarent demander l'avis des personnes avant de les identifier MAIS seulement 34% le font systématiquement. L'identification de personnes semble surtout un moyen d'attirer l'attention sur ses photos publiées, d'en accroître la notoriété.
41% des internautes taguent leurs photos et 50% des internautes actifs sur les réseaux sociaux disent avoir été identifiés sur une photo. Ces pratiques sont particulièrement développées chez les 18-24 ans avec 77% qui taguent et 89% qui ont déjà été tagués.
En ce qui concerne la reconnaissance faciale, moins de 15% des internautes disent l'utiliser mais déjà 27% des 18-24 ans y recourent. Cependant, cet outil semble déjà susciter des craintes : 41% des internautes le trouvent gênant tandis que 26% le trouvent pratique.
Les internautes souhaitent des paramètres plus visibles et plus faciles à utiliser ainsi que des conseils et des informations pour leur expliquer les bonnes pratiques.
Très actifs sur les réseaux sociaux, ils vont principalement publier des photos de leurs amis et d'eux-mêmes. Très préoccupés par leur image sur Internet, ils essaient prudemment de contrôler l'accès à leurs photos mais ne connaissent pas encore toutes les possibilités.
Ce sont ceux qui jouent le plus avec le pouvoir de communication des photos : la liberté de publier et de rendre accessible ou non leurs photos prime sur le reste. Ils pensent maîtriser les outils à leur disposition. Pourtant, ils ont majoritairement déjà été gênés par une photo d'eux publiée et près d'1/3 disent même qu'une photo d'eux a déjà eu un impact négatif sur leur vie personnelle.
Les internautes les plus âgés publient des photos plus classiques, dans l'esprit de l'album qu'on partage en famille : des photos de lieux de vacances et de paysages. Le risque réside donc moins dans la nature des photos publiées que dans le manque de maitrise des outils qui sont peu connus. Ils disent agir une fois les photos publiées au lieu de contrôler avec soin avant la publication.
Conclusion d'Isabelle Falque-Pierrotin : " Les photos occupent aujourd'hui une place centrale dans l'activité numérique des internautes : on les publie, on les partage, on les like, on les commente, on tague ses amis… Elles représentent aussi un véritable enjeu économique pour les acteurs d'internet. Nous souhaitons donc accompagner les internautes pour les aider à mieux maîtriser la publication de leurs photos. Nous demandons aussi aux acteurs d'offrir des paramètres simples, visibles et accessibles qui répondent aux attentes exprimées par les utilisateurs. "
Cette étude a été réalisée par TNS Sofres pour la CNIL. Les interviews ont été effectuées par Internet du 13 au 20 novembre 2012, sur un échantillon national de 1 554 personnes âgées de 13 ans et plus.
Et vous, quel photographe êtes-vous ?
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