Le Fichier national des chèques irréguliers (FNCI) recense les coordonnées des comptes clos, des comptes dont le titulaire est frappé par une interdiction d’émettre des chèques ainsi que les oppositions pour perte ou vol de chèques.
Un fichier identique est utilisé pour les paiements par carte bancaire ( fichier « centralisation des retraits de cartes bancaires »).
Lorsqu’un client paye en espèces à la caisse d’un magasin, il ne laisse aucune trace sur son identité ou sur la nature de sa transaction. Le paiement par chèque ou par carte bancaire se caractérise au contraire par l'enregistrement de données nominatives parfois insoupçonnées.
Par exemple, le paiement par chèque à la caisse d'un magasin fait l'objet de contrôles dont la plupart des consommateurs ignorent l'existence et dont la finalité est d’apprécier l’opportunité d’accepter ou de refuser le chèque afin de permettre au commerçant d'éviter des impayés. Bien sûr, ces contrôles ne sont pas systématiques et chaque commerçant décide d’y procéder ou non.
Ainsi, le remplissage automatique du chèque par une imprimante permet certes de faciliter la vie du client mais aussi et surtout de procéder à de nombreuses vérifications. L'imprimante est en effet dotée d'un lecteur optique chargé d'analyser l'information contenue dans la piste CMC7 du chèque, suite numérique située en bas de celui-ci donnant de nombreuses informations sur le porteur.
Les informations contenues dans la piste CMC7 d'un chèque | ||
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N° du chèque : sur 7 positions | Code Banque : 4 caractères à partir de la sixième position | N° de compte : sur douze positions |
Une fois déchiffrées, les informations contenues dans la piste CMC7 permettent au système informatique du commerçant de procéder à plusieurs contrôles, soit sur son propre système informatique, soit en sollicitant des informations auprès de tiers.
Le législateur a confié à la Banque de France la gestion du Fichier national des chèques irréguliers. Tout commerçant peut accéder à ce fichier. La réponse obtenue du FNCI, à partir de la transmission des données figurant sur la ligne codée en bas du chèque (piste CMC7), prend la forme d’un code couleur :
Vert : aucune information recensée dans le fichier concernant le chèque ;
Rouge : chèque irrégulier
compte dont le titulaire est frappé d’une interdiction bancaire ou judiciaire ; formule de chèque recensée au titre d’une opposition pour perte ou vol ; compte clôturé ; faux chèque.
Orange : compte déclaré au titre d’une opposition pour perte ou vol auprès du Centre national d’appel des chèques perdus ou volés, ou du banquier
les numéros des chèques concernés n’ont pas encore été précisés dans le FNCI.
Blanc : réponse impossible
lecture de la piste CMC7 impossible ; établissement teneur de compte inexistant ; coordonnées transmises inexistantes.
Certains commerçants décident d’évaluer le risque de non-paiement du chèque sur la base des informations dont ils disposent déjà par ailleurs. Ces traitements informatiques pouvant les conduire à refuser le moyen de paiement présenté par un client et donc à suspendre la transaction commerciale, la loi Informatique et Libertés soumet, depuis 2004, leur mise en œuvre à une autorisation préalable de la CNIL.
Les sources d’informations utilisées peuvent être de deux ordres :
Ces deux fichiers peuvent être communs à une chaîne de magasins, ce qui suppose que chacun puisse non seulement tenir compte de l’ensemble des signalements qui y figurent, quelle qu’en soit l’origine, mais aussi les mettre à jour dans les mêmes conditions.
Certaines sociétés privées proposent également aux commerçants un autre contrôle qui prend la forme d’un calcul du risque statistique de chaque opération réglée par chèque. Ce calcul de risque s’appuie à la fois sur une analyse de l’historique des transactions ayant fait l’objet d’une demande de garantie par un commerçant et sur l’utilisation d’une grille de score appliquée à différents éléments objectifs concernant la transaction et le client (banque du client, heure et montant de l’achat, type de commerce concerné, type de pièce d’identité présentée et région de l’achat, etc.). Chaque élément se voit appliquer une pondération spécifique et la société de garantie de chèques calcule pour chaque opération un score. Selon le score obtenu, elle accepte ou non de garantir le paiement si le commerçant accepte le chèque. Au cas où le chèque garanti par cette méthode serait ultérieurement rejeté par la banque du client, le commerçant est dédommagé.