

allo CNIL tél : 01 53 73 22 22
lettre info CNIL je m’inscris
14 décembre 2010
Le 2 décembre 2010, la CNIL a autorisé les applications informatiques nécessaires à la première phase de généralisation du Dossier Médical Personnel (DMP). Expérimenté en 2006, le DMP va être progressivement déployé sur l'ensemble du territoire sous la responsabilité de l'Agence des Systèmes d'Information Partagés de Santé (ASIP Santé). Il permettra aux professionnels et établissements de santé qui prennent en charge un patient, dès lors que celui-ci y a consenti, de partager les informations nécessaires à la coordination des soins.
Le dossier médical personnel (DMP) est un dossier informatisé créé pour chaque bénéficiaire de l'assurance maladie qui le souhaite. Il permet le regroupement et le partage entre les professionnels et établissements de santé des informations jugées utiles à la coordination des soins.
Le DMP a été créé par la loi du 13 août 2004 relative à l'assurance maladie, afin d' améliorer la coordination, la qualité, donc la continuité des soins.
Il sera hébergé par le groupement d'entreprises solidaires ATOS-La Poste qui a été retenu au terme d'un appel d'offre lancé par l'ASIP Santé (l'Agence des Systèmes d'Information Partagés de Santé). Ce groupement a été agréé par décision du ministre de la santé le 10 novembre 2010, après l'avis de la CNIL du 30 septembre 2010 et du Comité d'agrément des hébergeurs du 1er octobre 2010.
Le DMP présente un certain nombre de particularités qui le distinguent des autres dossiers médicaux partagés :
En sa qualité d'autorité de protection des données de santé à caractère personnel, la CNIL a autorisé, le 2 décembre dernier, les traitements nécessaires à la première phase de déploiement généralisé du DMP.
Cette première phase, qui devrait se dérouler sur trois ans, sera consacrée à mise en place progressive sur l'ensemble du territoire d'un dossier médical « socle », alimenté, notamment, par les comptes rendus d'hospitalisation et de consultation. Il s'agit de mettre l'ensemble des professionnels de santé en mesure de partager des documents, avec l'accord et sous le contrôle du patient.
Le DMP n'a pas vocation à se substituer aux dossiers papier ou informatisés établis dans les cabinets des médecins libéraux et dans les établissements de santé, mais à s'y ajouter.
Ce déploiement progressif s'appuiera notamment sur la convergence de cinq projets régionaux déjà engagés dans des dispositifs d'échanges de données. En revanche, l'alimentation du DMP par les données du dossier pharmaceutique, prévue par la loi, est renvoyée à une échéance plus lointaine.
La CNIL a admis que l'élaboration du cadre juridique du DMP dépendait des retours d'expériences, mais elle a rappelé que la définition d'un cadre était indispensable à la conduite du projet.
La seconde phase de déploiement devra donc s'inscrire dans un cadre réglementaire qui aura été fixé en ce qui concerne le contenu du DMP et ses conditions d'accès et l'identifiant national de santé et ses conditions d'utilisation.
Elle a également indiqué qu'elle devra être saisie, à l'appui de cette nouvelle demande, des évaluations réalisées au cours de la première phase de déploiement du DMP et à son terme.
Après la mise à jour des logiciels des professionnels et établissements de santé par les éditeurs de logiciels selon les exigences définies par l'ASIP Santé, les systèmes d'information existants seront en mesure de « communiquer » avec le DMP. Cette communication évitera toute ressaisie des données de la part du professionnel. Les professionnels qui n'auront pas encore adapté leur logiciel accèderont au DMP à partir d'un site internet.
Tout bénéficiaire de l'assurance maladie doté d'une Carte Vitale individuelle pourra ouvrir un DMP auprès d'un professionnel de santé ou à l'accueil d'un établissement de soins et y accéder directement depuis son ordinateur personnel.
La création d'un DMP est volontaire et chaque patient donne son consentement à sa création. Le patient a la faculté de fermer son DMP à tout moment. Le DMP sera alors archivé pendant dix ans, puis supprimé. Pendant ces dix ans, il pourra être réactivé à la demande du patient. Une suppression définitive sera également possible sans délai à la demande du patient.
Le patient pourra avoir accès à son DMP et à l'historique des traces ou en obtenir une copie auprès de l'hébergeur. Il aura également la possibilité de « masquer » certaines informations de son dossier ou de demander à un professionnel de santé de le faire.