L’application pour iPhone dénommée "Juif ou pas Juif", qui a été retirée de la vente en septembre 2011, est un exemple de ciblage communautaire. Or le fait de constituer des fichiers faisant apparaître, directement ou indirectement, l’appartenance religieuse ou l’origine "raciale" vraie ou supposée des personnes est interdit par la loi.
Ces trois situations réelles, qui ont fait l’objet de plaintes auprès de la CNIL, sont des illustrations du profilage communautaire. Cette pratique peut conduire à la stigmatisation d’une certaine catégorie de la population française et être vécue, par les personnes concernées, comme une véritable atteinte à leur identité et à leur vie privée.
La loi "Informatique et Libertés" interdit de recueillir et d’enregistrer des informations faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines "raciales" ou ethniques, ainsi que les appartenances religieuses des personnes. De tels critères ne peuvent pas être utilisés pour opérer des tris et s’adresser à des populations ciblées.
Le non-respect de la règle générale d’interdiction du profilage communautaire est passible d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 300.000 € d’amende en application de l’article 226-19 du code pénal.
Les responsables de tels fichiers peuvent également être sanctionnés par la CNIL. En 2008, deux sociétés qui effectuaient de la prospection commerciale ethnique pour un service de "rapatriement vers le pays d’origine" ont chacune fait l’objet d’une sanction pécuniaire de 15.000 €.
Les dérogations à ce principe d’interdiction, si elles existent, restent très limitées :